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L’Observatoire des prix et des marges a lancé des enquêtes sur les centrales d’achat européennes

L'OFPM va mener des études bilatérales avec les enseignes de la grande distribution pour évaluer l'impact des centrales d'achat européennes sur les prix et les revenus des producteurs.

L’Observatoire de formation des prix et des marges a récemment lancé des enquêtes bilatérales, enseigne par enseigne, pour étudier les effets des centrales d’achat européennes sur les prix ainsi que sur le revenu des producteurs.

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Il n’y a pas que le Sénat qui investigue. Auditionnée par la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution le 4 février 2026, Sophie Devienne, présidente de l’Observatoire de formation des prix et des marges (OFPM), a annoncé avoir lancé des enquêtes bilatérales auprès des enseignes de la grande distribution pour regarder « quel est l’impact des centrales d’achat européennes sur les produits concernés ». Elle a expliqué que cette démarche faisait suite à une réunion du comité de pilotage de l’OFPM en octobre 2025 durant laquelle « les industriels ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact des centrales d’achat sur les marges de la grande distribution, notamment sur les produits laitiers et la charcuterie. »

Analyser l’impact des centrales sur les marges

Si ces centrales d’achat comme Eurelec (Leclerc, Rewe), Everest (Auchan, Intermarché, Casino) ou Concordis (Carrefour, Coopérative U) permettent aux distributeurs de s’unir dans leurs négociations avec les fournisseurs pour tenter de peser davantage dans le rapport de force, leur fonctionnement reste à l’heure actuelle assez opaque.

« En première analyse, on voit que les négociations au sein de ces centrales ne touchent pas une part très importante des produits que l’on suit d’habitude à l’observatoire, note Sophie Devienne. Cela concerne uniquement les marques nationales et des produits plutôt très transformés », quand l’OFPM suit en priorité le prix des produits simples et frais comme le lait et la viande. Pour autant, la présidente indique aux sénateurs avoir décidé de « faire du bilatéral [avec les enseignes] sur l’ensemble des rayons suivis par l’OFPM pour y voir plus clair ».

Pour Sophie Devienne, l’objectif de ce travail est de « déterminer si les sommes captées par ces centrales de services et d’achat viennent impacter la rémunération de la matière première agricole ou réduire la marge restante pour les producteurs ».

Inflation : « Le choc de prix est décalé dans le temps pour le consommateur »

Créé en 2010 comme un organisme « d’observation et de compréhension » de la formation des prix, l’OFPM n’a pas pour vocation d'officier en tant que « gendarme des marges ». Ses travaux ont notamment permis d’analyser l’absorption de la période inflationniste ayant suivi la période de Covid et la guerre en Ukraine. « Avec l’Observatoire européen de la chaîne alimentaire (Afco) créé en 2024, on a pu essayer de mieux comprendre comment se passaient l’amortissement de l’inflation et l’évolution des marges des acteurs de la grande distribution à ce moment-là », détaille Sophie Devienne devant les sénateurs.

Dans une analyse du secteur publié à l’occasion des dix premières années de l’OFPM, elle relève avoir pu « observer que quand il y a des chocs de prix agricoles, ils étaient amortis par l’aval de la chaîne dans un premier temps. C’est-à-dire que les hausses de prix n’étaient au départ pas entièrement répercutées au consommateur. En général, les acteurs de la transformation et de la distribution rognent ici sur leurs marges brutes pour limiter la hausse de prix. »

Pourtant, le prix des matières premières continuer de flamber, « donc les années suivantes, une fois le choc de prix agricole passé, il faut rattraper l’effort en lissant la hausse. On a donc ce paradoxe de voir le prix des matières agricoles se calmer, sans que les prix ne baissent du même ordre en magasin, car les marges avales se reconstituent. Le choc de prix a été décalé dans le temps, ça a lissé l’augmentation pour le consommateur », souligne Sophie Devienne.

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